Eau en bouteille & déchets plastiques : du TEDx Casa à Moul El Karossa

Jeudi dernier j’ai eu le plaisir de monter sur les planches du TEDx Casablanca pour essayer de convaincre quelques 400 personnes de réduire leur production de déchets.

Je voulais profiter de l’occasion pour imprimer dans la tête des gens une image marquante, et leur permettre de prendre la mesure de notre production de déchets au quotidien. Après moult idées foireuses, j’en ai eu une qui m’est apparue un peu moins obscure que les autres… du moins c’est ce que je croyais :). Je me suis dit :

« Il y a un geste vital que l’on fait TOUS : boire de l’eau. Beaucoup de gens préfèrent boire de l’eau minérale car ils considèrent que c’est sain et bon pour la santé, or cette eau est vendue dans du plastique…  et donc génère des déchets plastiques ». J’avais trouvé mon angle d’attaque !

J’ai donc décidé d’estimer la consommation annuelle d’eau d’une personne, et de collecter l’équivalent en bouteilles plastiques vides.

Pour être crédible et toucher un maximum de monde, j’ai choisi de baser mes calculs sur une hypothèse basse, en considérant qu’une personne boit seulement 1 litre d’eau par jour. Ça nous donne donc une consommation annuelle de 365 litres d’eau pour 1 individu.

Comment j’ai fait pour collecter l’équivalent de 365 litres de bouteilles plastiques ?

Pour être réaliste, il fallait que je parvienne à collecter des bouteilles de toutes les tailles : 5L – 1,5L – 0,5L et 0,33cl… Et vu que je ne consomme plus du tout de bouteilles d’eau, j’ai dû mettre en place un dispositif spécial 🙂

Tout d’abord, j’ai découvert que certains concierges récupèrent les bouteilles de 5L jetées par les occupants de leur immeuble pour les revendre derrière à un Moul el Karossa. J’ai donc tout simplement acheté des bidons de 5L chez un concierge 🙂 (à 0,5 dh le bidon… j’ai sûrement payé plus cher que Moul el Karossa).

Pour les autres formats de bouteilles par contre, personne ne les collecte ! Je n’avais donc pas d’autre choix que de mettre à contribution mes amis, mes collègues et ma famille : je leur ai demandé de collecter pendant plus de 2 semaines toutes les bouteilles qui leur passaient sous la main 🙂

Grâce à ce dispositif voilà ce que j’ai réussi à collecter :

365 litres de bouteilles plastiques

365 litres de bouteilles plastiques

Sur cette photo, je porte sur mon dos 100 bouteilles de 33 cl, 50 bouteilles de 1/2L, 9 bouteilles d’1L, 15 bouteilles d’1,5L & 50 bidons de 5L : soit 365 litres d’eau et au total environ 12 Kg de plastique.

Ces 12 kg de bouteilles sont donc entièrement récupérés à droite et à gauche. Ce sont à 100% des déchets « interceptés » sur leur chemin vers la décharge 🙂

Et après mon talk au TEDx comment me débarrasser rationnellement de toutes ces bouteilles ?

Il est difficile de gérer rationnellement des déchets plastiques au Maroc, mais il existe une solution « moins pire » que de jeter ces déchets à la poubelle :

J’ai quitté le TEDx vers minuit environ avec mes 12 kg de plastique dans la voiture. La nuit, Casablanca est pleine de collecteurs de déchets qui se baladent avec leur Karossa et qui fouillent les bennes à ordures. Quand j’en ai croisé un au niveau du boulevard d’Anfa, je me suis arrêté et je lui ai proposé mes bidons et bouteilles :

Moi : « Salam a khouya. Bghiti had el 9ra3i ? 3andi 3arram”

Moul El Karossa : “Wakha…” (… d’un air perplexe, car il ne doit pas souvent croiser des « bourgeois » qui cherchent à se débarrasser de 12kg de plastique en plein milieu de la nuit 🙂 )

Moi : « Ach ghadi tdir bihoum ? 3andi badez d’5 itro ou 9ra3i »              

Moul El Karossa : « Ghadi n’traza9 bihoum a khouya »

Moi : “L’men ghadi t bi3houm? »

Moul El Karossa : « Mwaline ezzit ou ss7ab jemla tai chriw el badez, ou el 9ra3i d’itro ou noss el mwaline javel »   

[…Désolé, je n’ai pas de clavier en arabe pour retranscrire ces quelques mots comme il se doit…]

J’ai donc donné les bidons de 5L et les bouteilles d’1,5L à ce monsieur. Comme il me l’a expliqué, il revend les bidons de 5L à des grossistes ou à des revendeurs d’huile d’olive et les bouteilles d’1,5L aux revendeurs de Javel.

C’est malheureusement le seul circuit de collecte des déchets plastiques qui existe aujourd’hui à Casablanca ! Merci encore à tous les Moul El Karossa qui rendent un grand service à la société sans rien recevoir en retour, si ce n’est une absence quasi-totale de reconnaissance et beaucoup de mépris.

Par ailleurs, Moul El Karossa n’a pas voulu prendre les bouteilles d’1/2L et de 33 cl. Il m’a tout simplement dit que personne n’en voudrait…  Ces bouteilles sont encore dans mon coffre et la seule solution pour m’en débarrasser sera de les porter directement à la porte d’une usine de recyclage à Ain Sebaa ou à Bernoussi.

Conclusion : C’est vraiment pas facile de gérer rationnellement des déchets plastiques au Maroc ! Mieux vaut tout simplement éviter d’en consommer !

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Voyage au coeur de la décharge de Médiouna : une jungle aux portes de Casablanca

Que deviennent nos déchets après que le « camiou d’zbel » les ait embarqués ?

Pour savoir, rien de mieux que d’aller visiter une décharge ! Et pourquoi ne pas aller voir la plus grande décharge du Maroc, qui n’est qu’à 20 minutes en voiture du centre de Casablanca.

Je suis donc allé à la décharge de Médiouna… et je peux vous assurer qu’on en revient pas indemne !

Vous verrez, les photos sont parfois floues. C’est presque de la « caméra cachée » car on m’a averti que si les agents de sécurité me repéraient je risquais de me faire prendre mon appareil et de me faire jeter de la décharge avec peu de délicatesse 🙂 Mais bon, y’a quand même de quoi avoir un bon aperçu !

Fiche d’identité de la plus grande décharge du Maroc

ID Décharge Médiouna

Vu de l’extérieur, la décharge de Médiouna est une montagne de déchets qui s’élève à près de 10m au-dessus du sol et s’étend sur plusieurs dizaines d’hectares. La décharge répand aussi une odeur infecte à plusieurs kilomètres à la ronde, je l’ai senti en voiture au moins 3 à 4 minutes avant d’arriver à la décharge.

L’organisation officielle de la décharge

Officiellement, la décharge est un espace dédié où les camions poubelles des entreprises de collecte de déchets ménagers viennent quotidiennement déverser leur cargaison. Tous les camions-poubelle sont pesés à leur entrée et à leur sortie de la décharge pour évaluer la quantité précise de déchets apportés.

Va et vient de camions-poubelle venant déverser leur cargaison

Va et vient de camions-poubelle venant déverser leur cargaison

Par ailleurs, l’entreprise de gestion de la décharge a des équipes et des machines (bulldozers, trucks…) pour entretenir la décharge, répartir et tasser les déchets, entretenir la piste d’accès des camions-poubelle, surveiller l’enceinte… Normalement, seuls les employés de cette entreprise et les chauffeurs de camion-poubelle ont le droit d’entrer dans la décharge.

Comme vous pouvez l’imaginer, ces règles officielles ne traduisent aucunement la réalité de l’organisation de la décharge de Médiouna. Ci-dessous un aperçu de la vie de cette grande décharge où finissent les déchets ménagers des casablancais.

Les lois informelles et le fonctionnement interne de la décharge de Médiouna

Je suis arrivé à la porte de la décharge de Médiouna en milieu de journée. N’ayant normalement pas le droit d’entrer et n’étant pas une « tête connue » des agents de sécurité, l’on m’a conseillé d’entrer en montant dans l’un des camions-poubelle qui venaient vider leur collecte de la matinée. J’en ai donc vite trouvé un qui m’a « pris en stop » pour me faire entrer et traverser les 500 à 600 mètres de piste boueuse qui mènent au cœur de la décharge, là où les ordures sont déversées.

Depuis le camion-poubelle qui m'a fait entrer, vue sur la piste qui mène vers le coeur de la décharge

Depuis le camion-poubelle qui m’a fait entrer, vue sur la piste qui mène vers le coeur de la décharge

Premier aperçu de la décharge depuis le camion-poubelle

Premier aperçu de la décharge depuis le camion-poubelle

Une fois arrivé, un « contact » qui travaille au sein de la décharge m’attendait pour me faire une petite visite guidée. Toutes les infos données ci-dessous sont donc issues des témoignages de mon « contact » et des personnes qu’il m’a présentées. Aucune info n’est vérifiée, ni vérifiable, car tout ce qui se passe dans la décharge est à 100% informel.

Avant d’entrer dans les détails, je dois vous présenter les différents corps de métiers présents au sein de la décharge :

  • Les collecteurs informels, appelés « Be3ara », sont les plus nombreux (plus de 300 personnes qui travaillent «au black»). Ils sont les fourmis ouvrières de la décharge, et les plus jeunes que j’ai vus n’avaient pas plus de 15 ans. Issus des douars alentours, mais aussi venus pour certains de villes éloignées telles que Khouribga ou Ben Hmed, ils sillonnent la décharge à la recherche de déchets qu’ils pourraient revendre pour gagner leur pain. La plupart revendent leur collecte directement au sein de la décharge.
Collecteurs à l'oeuvre au beau milieu des déchets

Collecteurs à l’oeuvre au beau milieu des déchets

  • Les conducteurs de charrettes, appelés tout simplement « Karroussa », sont des taxis internes. Pour 5 à 10 dhs, ils transportent les déchets des uns et des autres vers un « Moul el Mizane » ou vers un grossiste
Les charrettes : taxis internes de la décharge

Les charrettes : taxis internes de la décharge

  •  Les intermédiaires, appelés « Moul El Mizane », seraient une quinzaine environ. Ils ont chacun leur propre balance et achètent au poids les déchets collectés et triés par les « Be3ara ». Ensuite, ils revendent chaque type de déchet séparément à des grossistes, sous forme de ballots d’un mètre cube environ.
Les balances des "Moul el Mizane" qui servent à peser les déchets collectés par les "Be3ara"

Deux balances de « Moul el Mizane » qui servent à peser les déchets collectés par les « Be3ara »

  • Les grossistes, eux, seraient 4 ou 5 seulement au niveau de la décharge. Ils possèdent un ou plusieurs camions qu’ils chargent de déchets triés et empaquetés en ballots. Ils vendent ces déchets directement à des entreprises de recyclage qui ont leurs usines à Casablanca.
Photo de gauche : le camion d'un grossiste chargé et prêt à quitter la décharge ; Photo de droite : Des ballots de déchets triés et prêts à être embarqués dans un pick-up

Photo de gauche : le camion d’un grossiste chargé et prêt à quitter la décharge ; Photo de droite : Des ballots de déchets triés et prêts à être embarqués dans un pick-up

  • Le chauffeur de Bulldozer est en charge d’entretenir la décharge en aplanissant certaines zones pour dégager le passage, en repoussant les déchets çà et là quand ils dérangent…
  • Le Monsieur « Sicuriti », vêtu d’une casquette verte, est le chef de la décharge.  C’est lui qui attribue aux «Moul El Mizane » leurs places, qui aiguille les différents camions-poubelle vers tel ou tel coin de la décharge, etc. C’est en quelque sorte le chef d’orchestre de ce grand chaos organisé. Il a aussi des « indics » parmi les collecteurs qui l’aident à mieux gérer son « territoire ».

Comment tout ce beau monde travaille ? et quelles relations entretiennent ces différents acteurs entre eux?

Pour vous retracer toute l’organisation qui existe autour de notre zbel, il faut commencer au niveau des camions-poubelles. De fait, les chauffeurs de camions-poubelle, en tant que principale source d’approvisionnement de la décharge, ont un rôle crucial ! Il faut savoir qu’ils sont payés par les Moul El Mizane de la décharge pour venir vider le contenu de leur camion à côté d’eux. De la sorte, ils vident leur cargaison près de l’emplacement du Moul El Mizane le plus offrant, et les Be3ara qui travaillent pour lui ont donc un accès prioritaire aux déchets pour pouvoir y récupérer un maximum de « marchandises ».

A noter que les camions-poubelle n’ont pas tous la même valeur ! Les camions en provenance des quartiers riches (Anfa, Californie, l’Oasis ou encore le C.I.L) sont les plus prisés et se monnayent à prix d’or. Ils contiennent plus de bouteilles plastiques, plus de canettes, plus de conserves, plus de verre etc… et parfois même des surprises tombées par hasard dans la poubelle. A l’inverse, les camions des quartiers populaires sont moins appréciés, et des Be3ara m’ont même dit à leur sujet : « Hadouk m3adyin 3lina ! » 🙂 (Traduction : « Ceux-là [les quartiers populaires], ils nous malmènent ! »). Ils y passent plus de temps à fouiller pour un butin de moindre valeur…

Etant donné l’importance de la provenance des camions-poubelle, on peut aisément imaginer que les chauffeurs eux-mêmes doivent sûrement acheter auprès de « je-ne-sais-qui » leur affectation dans les quartiers riches… bref, sachez que vos poubelles s’achètent dès qu’elles passent la porte de votre maison.

Une fois que le camion-poubelle a livré sa cargaison au sein de la décharge, un autre circuit commence.

Les Be3ara se jettent littéralement sur les déchets avant même que le camion-poubelle ait fini de les déverser. Ils fouillent pendant une bonne heure chaque livraison, récupèrent dans un grand sac en plastique ce qui leur parait avoir une valeur, puis vont faire le tri un peu plus loin avant de revendre séparément chaque type de déchet à un Moul El Mizane. Selon différents témoignages, les Be3ara gagnent 50 à 200 Dh par jour « 3la 7assab ça dépend ».

Collecteurs triant les déchets fraichement déposés par les camions-poubelle

Collecteurs triant les déchets fraîchement déposés par les camions-poubelle

Moul El Mizane est quant à lui un intermédiaire. Le matin, il va voir son grossiste habituel et lui demande de lui prêter 20 000 à 30 000 Dhs avec lesquels il va racheter des déchets auprès des Be3ara. En fin de journée, le grossiste récupère sa cargaison en laissant une marge à Moul El Mizane pour rémunérer son travail.

Moul El Mizane doit également acheter quotidiennement sa place auprès d’un « responsable » (peut-être auprès de Monsieur « Sicuriti », mais je n’en suis pas sûr), et il doit payer chaque jour au moins 100 DH au chauffeur de Bulldozer pour qu’il dégage la voie aux camions-poubelle pour que ces derniers puissent venir décharger près de son Mizane.  Le Moul el Mizane le plus offrant a même le droit à ce que le Bulldozer fasse passer la route principale près de lui. A l’inverse, celui qui ne payerait pas assez s’expose aux représailles du Bulldozer, qui va tout bonnement l’encercler de monticules de déchets pour boucher le passage et le mettre sous « embargo » 🙂

Les Bulldozers ont donc un rôle important pour l’entretien de la décharge, mais aussi une position de force vis-à-vis des Moul El Mizane qui y travaillent sans autorisation. Par ailleurs, leur travail présente des risques car quand ils manœuvrent pour déplacer des déchets, les Be3ara ont tendance à les suivre de près pour récupérer les déchets mis à nu par le Bulldozer. Selon certains témoignages, des Be3ara auraient déjà été blessés très sévèrement par un Bulldozer, quand celui-ci fait marche arrière par exemple et qu’il manque de visibilité pour savoir qu’une personne est derrière lui…

Enfin comme évoqué plus haut, une fois qu’un Moul El Mizane a réussi à réunir une cargaison de déchets triés par catégories, les grossistes rachètent le tout, chargent les ballots de déchets dans leur camion ou leur pick-up et sortent de la décharge pour aller revendre les déchets à des entreprises de recyclage.

Bien entendu, les camions de grossistes sortent de la décharge par la porte principale au vu et au su de tous ceux qui s’y trouvent. Je suis d’ailleurs moi-même monté dans le camion d’un grossiste pour ressortir de la décharge de Médiouna, et il est sorti sans être pesé, ni contrôlé, ni rien du tout… Le business de tri et de collecte des déchets à Médiouna est à 100% informel alors qu’il rapporte un argent fou : Selon mes sources, un grossiste peut sortir jusqu’à 5 à 6 tonnes de déchets par jour, et en tirer près de 4000 Dhs de bénéfice net. Il pourrait donc gagner jusqu’à 120 000 Dhs par mois.

A titre d’exemple, un grossiste achète les bouteilles en plastique PET (eau minérale…) 750 Dhs/tonne au niveau de la décharge. Il revend ces bouteilles à 2 fois leur prix aux usines de recyclage, c’est à dire : 1 500 Dhs/tonne. Faites le calcul pour 6 tonnes… ça fait 4500 Dhs de bénéfice net.

Grossiste sortant de la décharge

Grossiste sortant de la décharge

Si l’on considère l’argent touché par les Be3ara + la marge des Moul El Mizane + bakchichs versés à droite et à gauche + la marge que gagnent les grossistes = on se rend vite compte qu’il s’agit de millions de dirhams qui tournent chaque mois au niveau de cette décharge. L’Etat ne percevant évidemment pas 1 centime d’impôt là-dessus.

La vidéo ci-dessous illustre en image l’organisation décrite plus haut :

Ce n’est pas tout…

On trouve aussi au sein de la décharge de Médiouna des maisons et des commerces.

Maisons habitées dans l'enceinte de la décharge

Maisons habitées dans l’enceinte de la décharge

Il y a par exemple des tentes en plastique sous-lesquelles sont organisés des cafés-restaurants qui vendent du thé, du café, des œufs et des sandwichs… Il faut bien que les centaines de personnes qui vivent sur la décharge se nourrissent !

On rencontre également du bétail au sein de la décharge ! Vu que l’Aid El Kebir est passé il y a pas longtemps, il n’y avait que quelques moutons, une dizaine de vaches, des mules et des chevaux. Mais l’on m’a affirmé qu’avant l’Aid ce sont des centaines de moutons qui s’engraissaient en mangeant les déchets de la décharge, pour être ensuite vendus dans d’autres villes, loin de Médiouna, pour éviter qu’on ne découvre leur provenance.

La tache noir au milieu de la photo... c'est une vache !!

La tache noir au milieu de la photo… c’est une vache !!

Quels sont les principales familles de déchets récupérées au niveau de la décharge de Médiouna ?

  • Les bouteilles plastiques en PET (Bouteilles d’eau minérale essentiellement)
  • Les autres types de bouteilles et bidons en PEHD blanc
  • Les autres types de bouteilles et bidons en PEHD coloré
  • Les films plastiques (cellophane etc…)
  • Les radios médicales
  • Le verre « blanc » (ou incolore)
  • Le verre coloré
  • Les cannettes et autres déchets en aluminium
  • Les boites de conserves et autres déchets de ferraille
  • Les autres métaux (cuivre essentiellement)
  • Les cartons

N.B : Quand j’ai posé la question pour savoir si on recyclait les sacs plastiques, voilà ce qu’on m’a répondu : « D’après toi, pourquoi tu en vois qui traînent partout ? Personne n’en veut ! S’ils avaient une valeur sur le marché du recyclage, ils seraient collectés ».

Que deviennent les déchets qui sont extraits de la décharge ?

En bout de chaîne  les entreprises qui rachètent les déchets collectés dans la décharge de Médiouna (ainsi que ceux collectés dans toutes les autres décharges du Maroc) les compactent, les lavent aussi parfois et en exporte la majeur partie.

  • Les plastiques PET (bouteilles d’eau minérale par exemple) sont exportés quasiment à 100% ;
  • Les autres types de plastiques sont parfois recyclés au Maroc même pour produire des articles de grande consommation (saut en plastique…) ;
  • Le carton est aussi en partie exporté et en partie vendu à nos entreprises nationales de papier-carton ;
  • Le verre également peut-être recyclé à Casablanca (une seule entreprise de recyclage de verre existe).

Avec l’évolution de la réglementation dans des pays tels que la Chine ou les pays de l’UE, il devient de plus en plus compliqué d’exporter nos déchets, et il sera bientôt indispensable de développer des filières industrielles adaptées au Maroc.

Que faut-il retenir de tout cela ? 

Nos déchets sont gérés de la pire manière qui soit : ils sont entreposés en périphérie de la ville dans une décharge à ciel ouvert qui n’est pas aux normes et qui pollue très certainement les nappes phréatiques, l’air et les sols alentours.

Par ailleurs, les seuls circuits de recyclage qui existent reposent sur le travail informel des collecteurs (en ville et dans la décharge). Ces gens travaillent « au noir », sans protections, s’exposent aux maladies et autres dangers pouvant émaner des ordures… et nombre d’entre eux sont des mineurs.

De plus, le tri et la collecte au niveau de la décharge sont la méthode la moins efficace pour optimiser le taux de recyclage. Au lieu de trier à la source, le tri n’a lieu qu’une fois que tous les déchets sont mélangés, sales, entassés, cassés etc… ce qui engendre un taux de déperdition non-négligeable.

Ce système de tri informel et inefficace engendre logiquement un manque à gagner colossale pour notre économie nationale : toutes les transactions se font « au noir », et les déchets représentent aujourd’hui un coût net alors qu’ils pourraient être une grande source de profit et de création d’emploi.

no comment...

No comment…

« Save Food From The Fridge »… Back to the basics anti-gaspillage

Aujourd’hui, la tendance est à la conservation au frais. Tous les aliments sont stockés indifféremment dans le réfrigérateur alors que souvent ils se conserveraient mieux autrement. Les fruits et légumes par exemple sont des produits frais qui nécessitent une conservation précise. Certains restent à température ambiante, comme les tomates, alors que d’autres comme la salade ont besoin de fraîcheur…

Diplômée de la Dutch Design Academy Eindhoven, l’artiste coréenne Jihyun Ryou a réinterprété les savoirs-traditionnels de conservation des aliments dans des designs actuels, pratiques et contemporains pour son projet «Save Food from the Fridge».

Crédits : SHAPING TRADITIONAL ORAL KNOWLEDGE, Jihun Ryou

Crédits : SHAPING TRADITIONAL ORAL KNOWLEDGE, Jihun Ryou

Elle explique sur son blog les motivations qui ont guidé son travail: « Ce projet met en lumière les savoirs traditionnels oraux qui se sont accumulés, d’expériences en expériences, et transmis verbalement de générations en générations. Particulièrement intéressée par la conservation des aliments, il me semblait alors réalisable de transposer ce savoir-faire dans notre vie de tous les jours. »

A cet effet, l’artiste a créé une série d’appliques alimentaires afin d’augmenter la durée de conservation des fruits et légumes en les plaçant dans les conditions les plus favorables en fonction de leurs caractéristiques et de leurs besoins.

Découvrez comment désemplir votre réfrigérateur et mieux conserver vos fruits et légumes en suivant ses conseils !

1. Les légumes à racines (carottes, betteraves, navet, céleri-rave, navets), ayant besoin de températures basses et d’un taux d’humidité important doivent être stockés dans du sable légèrement mouillé (un entonnoir en verre permet de maintenir le sable humide). De plus, en les plaçant de manière verticale, on augmente leur durée de conservation.

Crédits : SHAPING TRADITIONAL ORAL KNOWLEDGE, Jihun Ryou

Crédits : SHAPING TRADITIONAL ORAL KNOWLEDGE, Jihun Ryou

2. Les poivrons, courgettes, aubergines et tomates nécessitant un environnement plus chaud mais aussi plus humide doivent être stockés au-dessus d’un bac à eau. Le même principe est appliqué au bol de fruits. Son concept vient de la sagesse d’un vieux fermier qui conservait ses fruits sur un bol d’eau avant de les vendre.

Crédits photos : SHAPING TRADITIONAL ORAL KNOWLEDGE, Jihun Ryou

Crédits photos : SHAPING TRADITIONAL ORAL KNOWLEDGE, Jihun Ryou

3. Le riz sera utilisé pour absorber l’humidité des pots à épices et les garder au sec. Pour cela, l’artiste a prévu un petit espace pour le riz dans le bouchon en liège de chaque pot.

Crédits : SHAPING TRADITIONAL ORAL KNOWLEDGE, Jihun Ryou

Crédits : SHAPING TRADITIONAL ORAL KNOWLEDGE, Jihun Ryou

4. Séparer les pommes, avocats et bananes qui émettent des gaz d’éthylène provoquant l’accélération du processus de mûrissement des autres fruits et légumes. Cependant, lorsqu’ils sont combinés avec des pommes de terre, ils permettent de les conserver sans qu’elles germent. L’artiste  a créé une boîte en bois qui contient des pommes de terre dans l’obscurité (pour les empêcher de germer), tandis que les trous sur le dessus leur permettent de bénéficier des gaz émis par les pommes.

Crédits : SHAPING TRADITIONAL ORAL KNOWLEDGE, Jihun Ryou

Crédits : SHAPING TRADITIONAL ORAL KNOWLEDGE, Jihun Ryou

5. Les œufs ont tendance à absorber les odeurs des autres aliments par leur surface poreuse. En les conservant en dehors du frigo, on évite ce problème. Avant utilisation, on vérifie qu’un œuf est bien frais en le plongeant dans un bac à eau. Si ce dernier se positionne de manière horizontale dans le fond, c’est qu’il est frais et prêt à être consommé! Les mauvais œufs, quant à eux, flottent en surface. Comme disait ma grand-mère : « Les œufs c’est comme les humains, les pourris remontent plus facilement au-dessus du lot ».

Crédits : SHAPING TRADITIONAL ORAL KNOWLEDGE, Jihun Ryou

Crédits : SHAPING TRADITIONAL ORAL KNOWLEDGE, Jihun Ryou

Ces conseils très pratiques, sont facilement applicables et nécessitent peu de matériel 🙂  

Vidéo de Jihun Ryou : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=mG9xYVyAnuc

Site web de Jihyun Ryou : http://www.savefoodfromthefridge.com/

Pour en savoir plus et partager des idées sur les techniques de conservation des aliments : http://shareyourfoodknowledge.tumblr.com/

Et pour les « inconditionnels du frigo » (la majorité d’entre nous certainement), voici aussi un lien qui rappelle les principales règles à respecter pour bien conserver les aliments dans votre réfrigérateur : http://www.papillesetpupilles.fr/2013/02/chaine-du-froid-et-duree-de-conservation-des-aliments-au-refrigerateur.html/

Cet article est publié par Ibertakanes et Zero Zbel Xperience, dans le cadre de leur collaboration autour de la thématique du gaspillage alimentaire. 

Bien décrypter les dates de péremption pour éviter le Gaspillage Alimentaire

La plupart des supermarchés jettent régulièrement de grandes quantités de produits qui sont proches de leur date de péremption, ou dont la date de péremption est récemment passée. Il arrive aussi souvent que l’on fasse la même chose chez soi, avec des yaourts, du lait etc.

En analysant un peu plus précisément ce que signifient les dates de péremptions (« DLUO » & « DLC »), on se rend vite compte qu’elles nous induisent parfois en erreur et nous poussent trop souvent au gaspillage alimentaire.

Même si dans une logique Zero Zbel, il est conseillé d’éviter les produits emballés, il est nécessaire de parler de ce sujet car il est évident qu’aujourd’hui, 95% des gens achètent, ne serait-ce que de temps en temps, de tels produits marqués d’une date de péremption.  

Tout d’abord, comprenons bien les dates qui sont écrites sur les emballages:

  • « à consommer avant le…. » correspond à la DLC (Date Limite de Consommation):

Cette date concerne les produits frais, rapidement périssables et qui peuvent nuire à la santé une fois périmés (produits laitiers, fruit de mer et poissons, viande, etc.).

Il est interdit de vendre les produits marqués d’une DLC au-delà de la date indiquée, c’est pourquoi certains supermarchés préfèrent par précaution les retirer des rayons quelques jours avant leur échéance.

DLC_KESKECE

A noter que certains produits comme les yaourts, le fromage ou le lait peuvent être consommés même une fois « périmés » si la chaine du froid a été respectée ! Quelques astuces de grand-mère pour faire le test : Quand un yaourt est mauvais, il fermente et il se gonfle (l’opercule se soulève sous l’effet des gaz de fermentation). Donc si votre yaourt n’est pas gonflé, vous pouvez le manger ! Pour le lait, sentez et/ou goutez toujours un tout petit fond de verre avant de le boire ou de l’utiliser en cuisine. Si le goût et l’odeur sont normaux c’est qu’il est encore comestible.

  • « à consommer de préférence avant le… » correspond à la DLUO (Date Limite d’Utilisation Optimale):

La DLUO se trouve généralement sur les boissons, le riz, les pâtes…  Après cette date, le goût et les qualités nutritionnelles ne sont plus garanties, mais l’aliment en question n’est pas dangereux pour la santé.

Pour la plupart des produits marqués d’une DLUO, il n’y a en fait pas vraiment de date de péremption. Par exemple, pour le riz, les pâtes, les lentilles, el loubia etc. il suffit simplement de les conserver dans un contenant bien fermé à l’abri de la lumière et de l’humidité. Ils se conserveront très longtemps ! Si le riz est vieux, il vous suffira de récupérer les grains noircis qui flottent dans la casserole, pour les lentilles, un simple tri manuel suffira pour enlever les mauvais grains et concernant les pâtes, elles risquent au pires d’être un peu ramollies mais elle restent bonnes à manger.

DLUO

Comment expliquer que de nombreux produits restent bons même après leur date de péremption ?

Il y a 2 explications très simples :

Premièrement, les industriels sont chargés de déterminer eux-mêmes les dates de péremption des produits (en fonction d’un cahier des charges et d’une réglementation), et en cas de plainte d’un consommateur il est de leur responsabilité de prouver que le produit en question était conforme au moment de sa mise sur le marché. Les lois prévoient aussi une « marge » de sécurité pour protéger le consommateur, ce qui fait que les dates de péremptions sont volontairement en deçà de la réalité.

Deuxièmement, si l’on réfléchit de manière cynique, certains industriels pourraient avoir un intérêt à raccourcir la période de validité d’un produit : plus la période de « validité » du produit est courte,  plus ils vendront de produits. Par exemple on a tous déjà préféré jeter un produit « légalement périmé » et en racheter un autre, plutôt que de le goûter pour voir s’il est encore bon.

 

Voilà, maintenant vous en savez plus ! 🙂

Ayons tous ces éléments à l’esprit la prochaine fois que l’on consommera un produit marqué d’une DLC ou DLUO. Ces dates sont des mentions légales, mais il faut savoir les décrypter pour éviter le gaspillage alimentaire.

Cet article est co-écrit par Ibertakanes et Zero Zbel Xperience, dans le cadre de leur collaboration autour de la thématique du gaspillage alimentaire.

Les bonnes pratiques au quotidien contre le Gaspillage Alimentaire

Lutter contre le gaspillage alimentaire nous concerne tous.

En tant que particuliers, nous ne pouvons malheureusement pas agir sur le processus de production (à ce jour), mais nous pouvons contrôler, à notre échelle, nos comportements au quotidien.

Le changement commence par quelques réflexes à avoir, qui vont au-delà de la bonne conservation des aliments ou de la gestion des restes.

1. Faire l’inventaire de ses placards et de son frigo avant de faire les courses. A de nombreuses reprises, on réalise que l’on a acheté des choses dont on dispose déjà, ce qui a généralement pour conséquence de jeter de la nourriture, notamment les produits frais.

2. Faire une liste de courses, afin d’éviter les achats compulsifs (et d’avoir les yeux plus gros que le ventre). Cela permet de bien définir ses besoins et de n’acheter que l’essentiel.

3. Bien nettoyer chaque semaine son frigo pour éviter que les bactéries ne prolifèrent. Ainsi, vous conserverez vos produits frais plus longtemps et éviterez qu’ils ne tournent ou qu’ils ne pourrissent.

4. Privilégier les marchés aux supermarchés, et emportez avec vous votre panier, vos bouteilles et vos tupperwares en verre pour éviter les sacs plastiques. Vous trouverez toutes les bonnes astuces dans l’article « Faire des courses Zero Zbel, mission imposta7il ? »

5. Bien lire et comprendre les dates de péremption. « DLC », « DLUO », du charabia pour nous autres consommateurs 🙂 Pas de problème! Nous allons décrypter pour vous tous ces éléments dans notre prochain article !

6. Préférer les produits frais, et ceux vendus en vrac ou à la découpe (pâte, riz, viande, etc.) et ne pas rechigner à acheter certains fruits et légumes à l’aspect peu esthétique : Vous en verrez plus souvent chez votre primeur qu’au supermarché, où les fruits et légumes « tordus » sont jetés ou détruits car ils ne correspondent pas aux normes de calibrage de la grande distribution. Pourtant, ces aliments sont parfaitement comestibles et tout à fait naturels ! Alors laissez leur une chance, l’habit ne fait pas le moine!

7. Si vraiment vous êtes contraints d’acheter des surgelés : Transporter les produits surgelés dans un sac isotherme ou les acheter en dernier lieu pour respecter la chaîne de froid.

8. Placer les nouveaux produits derrière les anciens lorsque vous rangez vos courses, et notez les dates d’achat de chaque aliment, si possible sur les tupperwares. Le principe est simple : on utilise la technique « FIFO » : first in first out !

Avec ces règles d’or, vous pouvez dès à présent participer à la lutte contre le gaspillage alimentaire par des gestes simples et réfléchis !

Cet article est co-écrit par Ibertakanes et Zero Zbel Xperience, dans le cadre de leur collaboration autour de la thématique du gaspillage alimentaire.

L’Aïd El Kbir… Tout se mange, rien ne se perd, mais beaucoup de choses se jettent !

Les fêtes religieuses au Maroc sont souvent de grands moments de gastronomie : On se retrouve tous autour des bons petits plats de nos mères ou de nos tantes, on s’en met plein les yeux et plein la panse, au plus grand plaisir des gourmands et des gourmets !

Toutefois, on a constaté que le rapport de nos compatriotes à la nourriture change radicalement d’un évènement religieux à l’autre :

Ramadan est typiquement le mois de l’abondance alimentaire avec des tables pleines de toutes les ch’hiwates que la culture Marocaine a créé au fil de plusieurs siècles d’histoire… et c’est aussi le mois de tous les gaspillages ! Pourvu que les tables soient belles et bien garnies, on se soucie peu de préparer des rations raisonnables évitant les gâchis. Le gaspillage alimentaire atteint son paroxysme pendant le mois sacré, avec trop souvent un quart, voire un bon tiers de ce qui est acheté qui finit, intacte, dans nos tarro d’zbel

A l’opposé, l’Aïd El Kbir est LA fête où l’on les Marocains se font un point d’honneur de ne pas gaspiller un gramme du beau 7awli qu’ils ont sacrifié ! La viande, la cervelle, les abats, et toutes les autres parties tendres de la bête sont consommées. TOUT EST BON DANS LE MOUTON ! … ou presque…

On a bien dit «tout est bon… ou presque…», et ce pour les raisons suivantes.

Premièrement les nouvelles générations mangent de moins en moins les abats et autres parties « non conventionnelles » du mouton. Quel dommage de gâcher tout ça! Et là, on a qu’un conseil a donné… Goûtez-y ! Oubliez le goût standardisé du steak de viande hachée de bœuf que vous mangez tous les jours, et laissez-vous tenter par tous les plaisirs de saveurs que vous offrent la douara (aussi appelée kercha selon les régions), les boulafaf, les riouss etc… Mamma Mia que c’est bon !! J Aussi, si vous pensez ne pas pouvoir manger tout votre mouton n’hésitez pas à offrir quelques kilos de viande à vos voisins, à vos proches, ou à des personnes démunies. Le partage est un très bon moyen d’éviter le gaspillage alimentaire.

Deuxièmement, même si l’on mange tout dans le mouton il reste inévitablement en bout de chaîne une bonne dizaine de kilos de déchets constitués d’os, de gras, de contenus gastriques, plus la peau de la bête sacrifiée. Pour les peaux, si vous ne savez pas les préparer vous-même offrez-les au ramasseur de hïdora en charrette qui passera devant chez vous. Pour les autres déchets qui, convenons-en, sont inévitables, il est conseillé de les enfermer bien proprement dans un grand sac poubelle robuste et étanche (en plastique, oui… cette fois-ci c’est utile !), et de les sortir le soir là où le camiou d’Zbel pourra les ramasser facilement. Ça évitera de voir des carcasses puantes pourrir au soleil en pleine ville. Et si vous êtes dans un coin où les camions-poubelles ne passent pas (à la campagne par ex.), enfouissez vos déchets proprement dans le sol… ça fera le bonheur des verres de terre 😉

Ps : bien sûr si vous avez des chiens, n’oubliez pas de leur garder le meilleur « nonoss » pour se faire les dents… c’est du recyclage naturel J

Quelques bons conseils pour conserver sa viande et éviter les gâchis

Les questions d’hygiène ne concernent pas uniquement l’abattage du mouton et le nettoyage de sa cour ou de son garage. Pour éviter les intoxications alimentaires et les gaspillages liés à une mauvaise conversation du mouton, il suffit de quelques gestes simples, mais qui ont toute leur importance !

  • Il faut veiller à ce que la bête ait perdu tout son sang avant d’entamer la phase de découpe et de cuisine. Pour cela, il suffit d’accrocher le mouton en hauteur au-dessus d’une bassine (qui permettra de récupérer tout le sang) et de le laisser sécher à l’air libre. Bien évidemment, nous vous recommandons de le protéger d’un film plastique ou d’un linge propre afin d’éviter toute tentation pour nos insectes et chats de gouttière préférés. Appétissant n’est-ce pas 🙂 ?
  • Une fois que la viande a séché (idéalement, patienter 24h avant sa consommation), on peut entamer la phase de découpe. Pour les abats, il faut bien vérifier qu’il n’y a aucune anomalie (kists ou autres). Si c’est le cas, veillez à ne pas les donner aux animaux. Ce serait dommage de rendre malade les pauvres bêtes en pensant leur faire du bien ! Ensuite, il faut les cuisiner. Les abats se conservent mal au réfrigérateur (1 à 2 jours grand max). C’est l’occasion de déguster son délicieux boulfaf avec un bon verre de thé à la menthe et du pain, et de préparer sa douara pour la congéler (3 à 4 mois). Comme ça, quand y’en aura plus, y’en aura encore, et vous pourrez en profiter bien après la fête !
  • Lorsque l’on touche la triperie, il faut se laver les mains au savon avant de passer à autre chose. C’est capital ! Cela évitera de transmettre les bactéries contenues dans les abats et de contaminer la viande.
  • La viande fraîche se conserve maximum 1 à 2 jours au réfrigérateur tandis que la viande hachée ne se conserve pas plus de 24 heures, le tout à une température inférieure à 5°C.
  • Au congélateur, vous pourrez garder la viande jusqu’à 6 mois (au-delà de ce délai, elle commencera à perdre ses qualités gustatives et à rancir).
  • Afin de gagner de l’espace, couper la viande en petits ou moyens morceaux pour optimiser votre rangement et essayer au maximum de vider les sacs de congélation de leur air. Faites attention, une viande sortie du congélo ne doit être, au grand jamais, recongelée !
  • Sans congélo, n’oubliez pas que vous pouvez aussi sécher la viande pour la conserver longtemps : en la coupant en fines lamelles, en la laissant macérer dans quelques bonnes épices de chez nous et en la laissant sécher pendant plusieurs jours. Idéal pour revisiter l’apéro à la marocaine !

Cet article est co-écrit par Ibertakanes et Zero Zbel Xperience, dans le cadre de leur collaboration autour de la thématique du gaspillage alimentaire.

Ibertakanes et Zero Zbel Xperience unissent leurs plumes autour de la thématique du Gaspillage Alimentaire

La blogosphère à cela de bien qu’elle permet, au-delà de faire de belles rencontres, de collaborer et de se mobiliser autour d’une cause commune. C’est un peu l’histoire d’Ibertakanes et de Zero Zbel Xperience, qui ont décidé de réagir et de réfléchir ensemble autour de la thématique du gaspillage alimentaire.

Créé par une gourmande, pour les gourmets, Ibertakanes est le premier webzine marocain entièrement dédié au monde de la gastronomie. Entre actualités, interviews foodies et tests gourmands, la jeune casablancaise  chasse les tendances et partage ses aventures (et mésaventures) culinaires au Maroc et à l’international.

Zero Zbel Xperience est un blog écolo, tenu par un casablancais militant anti-déchets qui cherche à montrer qu’il est possible par des gestes simples de réduire considérablement notre production individuelle de déchets dans notre vie quotidienne.

A la croisée entre les arts de la table et le militantisme anti-zbel, nous avons décidé d’unir nos plumes pour traiter  du « Big Tadayou3 », thématique à la croisée de nos sujets de prédilection.

Par le plus heureux des hasards, il se trouve que le 16 octobre est la Journée Mondiale de l’Alimentation (en plus d’être l’Aïd El Kbir) ! Nous profitons donc de l’occasion pour poser la première pierre de notre collaboration 🙂

Ibertakanes et Zero Zbel Xperience vous ont concocté un beau programme sur cette thématique : l’Aïd, les courses, les méthodes de conservation en cuisine et même des recettes pratiques pour des repas « Zero Tadayou3 »… tout va y passer !

Pourquoi s’intéresser au Gaspillage Alimentaire ?

Ces quelques chiffres (à l’échelle mondiale) suffiront sûrement à vous faire comprendre l’importance de cette thématique :

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… et ne nous trompons pas, le Maroc participe aussi de ce grand tadayou3 ! Nous n’avons pas de statistiques sur le sujet, mais prenez le temps de réfléchir 2 secondes à tout ce qui passe dans nos poubelles…