L’Association Zero Zbel est née !

« Zero Zbel Xperience » devient l’Association Zero Zbel!

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On a décidé de devenir une association pour pouvoir porter des projets plus ambitieux et plus impactants, toujours autour de la sensibilisation aux problématiques environnementales.

Notre mission : Toucher en particulier les jeunes marocains en encourageant un changement d’état d’esprit et plus d’engagement citoyen pour la résolution des problématiques environnementales auxquelles le Maroc fait face.

L’Association Zero Zbel va bientôt se doter d’un tout nouveau site web. On vous tiendra au courant dès qu’il est en ligne.

En attendant rdv sur notre page Facebook  » Zero Zbel  » : https://www.facebook.com/Zero-Zbel-690514194296368/

😉

 

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Bien comprendre les résultats de la COP21… l’Accord de Paris décortiqué et analysé

J’aimerais partager ici mon analyse du contenu de l’Accord de Paris, issu de la COP21, et ma compréhension de ce que ce texte implique concrètement au delà des grandes déclarations de principes qu’il contient. C’est un texte très dense d’un peu plus de 30 pages, et je vais essayer d’en faire ressortir uniquement l’essentiel de manière à bien comprendre l’esprit de cet accord international.

En se concentrant sur l’essentiel, on peut considérer que l’Accord de Paris rempli trois grandes fonctions principales :

  1. Dresser un constat synthétique de la situation climatique actuelle et rappeler les grands principes éthiques que les pays doivent prendre en compte et respecter dans le cadre de leur action en matière climatique ;
  2. Fixer les objectifs collectifs à atteindre pour limiter le changement climatique (Seuil de réchauffement climatique à ne pas dépasser et objectifs de réduction des émissions des différents pays) ;
  3. Définir les mécanismes nécessaires pour coordonner l’action des différents pays signataires de l’Accord (quoi communiquer ? quand ? de quelle manière ? en respectant quelle méthodologie ? comment financer l’action ? comment s’assurer que tout le monde parle le même langage ? etc.)

Nous allons décortiquer chacun de ces trois points pour voir si, et de quelle manière, l’Accord de Paris rempli ses objectifs.

Petite précision avant de rentrer dans l’analyse : Ce texte est composé de 2 parties distinctes, 1/les décisions prises à la COP21 liées à l’application de l’Accord de Paris, et 2/le texte même de l’Accord de Paris est soumis à signature par les pays. A noter que les éléments les plus engageants sont contenus dans les décisions et non dans l’Accord de Paris en lui-même, qui est pourtant le document le plus important juridiquement. Malgré cela, l’analyse qui suit prendra en compte l’ensemble des 2 parties du texte.

Quels constats et grands principes sont évoqués dans l’Accord ?  

Concernant les constats, l’Accord de Paris dresse un bilan relativement objectif de la situation climatique, en insistant sur le fait que de très gros efforts devront être réalisés pour atteindre les objectifs fixés pour 2100. L’Accord insiste notamment sur le fait que les engagements des pays sont encore insuffisants comparés à l’enjeu auquel il faut répondre, et rappelle le besoin impérieux d’une révision à la hausse régulière de ces engagements nationaux volontaires. On ne se fait donc pas d’illusion sur le fait que la réponse actuelle aux changements climatiques est encore timide.

Concernant les grands principes fondamentaux qui doivent guider l’action des pays en matière climatique, l’Accord de Paris lie la lutte contre le changement climatique à tous les grands principes éthiques et les grandes problématiques importantes de notre temps : Les mesures d’atténuation du changement climatique doivent être en cohérence avec les principes de lutte contre la pauvreté, de respect des droits de l’homme, d’inclusion des peuples et communautés indigènes et de respect de leur droit, de préservation de la biodiversité et des écosystèmes, de respect de l’égalité des sexes, de garantie de la sécurité alimentaire, de prise en compte des savoir-faire traditionnels, d’implication de la société civile, de respect de la transparence dans les déclarations des pays etc… De ce point de vue là, l’Accord de Paris dit clairement que la lutte contre le changement climatique doit concourir à l’avancée globale de l’humanité vers plus de bien-être collectif, de respect mutuel entre les humains et de respect de « la Terre nourricière ».

Accord de Paris, Préambule (page 23):

« Conscientes que les changements climatiques sont un sujet de préoccupation pour l’humanité toute entière et que, lorsqu’elles prennent des mesures face à ces changements, les Parties devraient respecter, promouvoir et prendre en considération leurs obligations respectives concernant les droits de l’homme, le droit à la santé, les droits des peuples autochtones, des communautés locales, des migrants, des enfants, des personnes handicapées et des personnes en situation vulnérable et le droit au développement, ainsi que l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et l’équité entre les générations, »

Jusque là, tout va bien.

Quels objectifs sont fixés par l’Accord ? Et quel est leur niveau d’ambition ?

Concernant le seuil maximal de réchauffement climatique global à ne pas dépasser, l’Accord de Paris évoque pour la première fois le seuil des +1,5°C, ce qui est en soi une avancée notable. Malheureusement cet objectif n’est évoqué que comme étant un objectif secondaire. L’objectif premier est de ne pas dépasser les +2°C… et seulement si on les pays se sentent capables de faire mieux, on visera les +1,5°C.

Accord de Paris, Art.2.a. :

« … (en) Contenant l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels, étant entendu que cela réduirait sensiblement les risques et les effets des changements climatiques; »

Sachant qu’à +2°C les pays les plus vulnérables subiront déjà de plein fouet les effets du changement climatique, ce manque d’ambition est décevant.

Concernant les engagements des pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, l’Accord de Paris n’est pas contraignant et laisse aux pays la liberté de choisir le niveau d’effort qu’ils veulent bien consentir. On accepte donc d’être moins ambitieux au départ, pour que les pays fassent un premier pas dans le bon sens, puis on prévoit une révision des niveaux d’engagements tous les 5 ans… à partir de 2025 seulement. En gros dans les 10 prochaines années, rien n’oblige les pays à améliorer leurs efforts pour atténuer le changement climatique.

Projet de décision -/CP.21, Préambule (page 2) :

« Insistant avec une vive préoccupation sur l’urgence de combler l’écart significatif entre l’effet global des engagements d’atténuation pris par les Parties (…) et les profils d’évolution des émissions globales compatibles avec la perspective de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels (…) »

Sachant que dans son préambule, le texte issu de la COP21 insiste sur le fait que les engagements soumis actuellement par les pays restent insuffisants, c’est encore là une preuve du manque d’ambition des dirigeants mondiaux.

Quels mécanismes d’application sont prévus par l’Accord de Paris ?

L’Accord de Paris est très précis sur les mécanismes administratifs à mettre en place (formes et fréquences des différentes déclarations à soumettre…), mais il est imprécis ou peu ambitieux lorsqu’il s’agit des mécanismes de fond les plus importants.

En matière de financement des actions d’atténuation du changement climatique, le texte s’appui sur des mécanismes déjà existants et qui ont montré leur limite : Les pays riches sont appeler à verser au minimum 100 milliards de dollars pour aider les pays les plus vulnérables. Avant la COP21, ces pays s’étaient déjà engagés à verser cette somme, mais elle n’a jamais été versée intégralement. Il en manquait toujours 30 à 40%.

Accord de Paris, Art.9.3
 :

« Dans le cadre d’un effort mondial, les pays développés parties devraient continuer de montrer la voie en mobilisant des moyens de financement de l’action climatique (…). Cette mobilisation de moyens de financement de l’action climatique devrait représenter une progression par rapport aux efforts antérieurs. »

Dans l’extrait ci-dessus, on peut voir que les 100 milliards de dollars annuels ne sont pas mentionnés directement dans le texte de l’Accord de Paris. De fait, ils ne sont évoqués que dans les décisions qui lui sont liées (et cela, semble-t-il pour éviter un rejet du Congrès des USA). Cela dénote encore une volonté d’action limitée de la part de certains des pays les plus émetteurs de CO2.

L’Accord de Paris insiste aussi lourdement sur l’importance de garantir la transparence des déclarations des pays et leur comparabilité. Pour cela, les pays sont tous tenus de respecter une certaine méthodologie scientifique pour faire leurs calculs et projections d’émissions de gaz à effet de serre, ainsi que pour leur publication. A ce sujet, il est bien précisé dans l’Accord que :

Accord de Paris, Art.13.1 :

« Le cadre de transparence (…) doit être mis en œuvre d’une façon qui soit axée sur la facilitation, qui ne soit ni intrusive ni punitive, qui respecte la souveraineté nationale et qui évite d’imposer une charge excessive aux Parties. »

 

Cet extrait résume bien l’esprit global du texte : l’Accord de Paris pose un cadre facilitant l’action des pays qui feraient preuve de bonne volonté et de volontarisme en matière climatique, sans pour autant poser aucune contrainte à court terme qui pourrait rebuter les pays les plus frileux. L’objectif principal était d’obtenir la signature des 195 pays, et pour cela on a abouti à un texte qui, quand on lit entre les lignes, montre bien quelle serait la voie à suivre mais qui ne parvient pas à engager fermement le monde dans cette voie.

Que retenir de tout cela ? Et comment pouvons-nous participer à accélérer le changement ?

Au vu de tout cela, ma conclusion personnelle est que l’action des Etats restera à jamais insuffisante pour nous éviter la catastrophe climatique, et qu’il est essentiel et indispensable que la société civile et les citoyens s’engagent collectivement et individuellement.

Il incombe à chacun de nous de faire son possible pour adopter au quotidien des gestes qui réduisent notre impact environnemental et climatique. Il nous incombe collectivement d’éduquer les enfants, et de sensibiliser les moins jeunes aussi, pour expliquer qu’il n’est pas compliqué de favoriser l’adoption de modes de vie plus responsables.

Il incombe aussi aux entreprises de revoir progressivement (mais rapidement) leurs modèles économiques pour limiter également leurs impacts. Elles doivent également repenser la conception des produits et services qu’elles proposent, afin de favoriser l’adoption de comportements positifs par leurs clients et consommateurs.

Cette action citoyenne individuelle et collective montrera la voie à nos dirigeants, qui doivent à leur tour favoriser l’émergence d’un cadre réglementaire intelligent qui encouragerait, par l’incitation d’abord puis par la contrainte, l’apparition d’un modèle de société et d’une économie plus durables.

Le citoyen influence le législateur et les décideurs autant que ces derniers influencent les citoyens. Le consommateur influence l’entreprise autant que l’entreprise influence ses consommateurs. Alors, en tant que citoyens et consommateurs, nous avons le pouvoir et le devoir d’amorcer le changement.

Et le Maroc dans tout cela ?

Dans le cas particulier du Maroc, notre pays est reconnu internationalement pour ces efforts en matière de développement des énergies renouvelables. C’est très bien, mais loin d’être suffisant. Notre pays investit dans certaines technologies « propres », mais n’investit pas dans l’éducation de ses citoyens. Sans éducation adaptée, aucun développement durable n’est possible et l’impact positif des investissements « green » réalisés s’en trouvera aussi très fortement réduit.

Notre pays est identifié comme étant une zone géographique fortement exposée aux conséquences du changement climatique, notamment avec un risque réel de stress hydrique accru, d’irrégularité des précipitations et d’intensification de la désertification. Nous sommes donc très concernés par le sujet et nous devons réagir efficacement avec des moyens limités.

Eduquons-nous, prenons du recul sur nos modes de vie actuels et montrons la voie. C’est la meilleure manière de contribuer à la réalisation des objectifs nobles de l’Accord de Paris. Sans cela, les textes issus de la COP21 resteront lettre morte et j’ai bien peur que la COP22 ne puisse rien y changer non plus.

TEDx Casablanca 2015 remporte le « Label Zéro Zbel »

 

Label Zero Zbel GOLD attribué au TEDx Casablanca 2015

Label Zero Zbel GOLD attribué au TEDx Casablanca 2015

Qui aurait cru qu’il serait possible d’organiser au Maroc un événement avec 600 participants en ne générant quasiment aucun déchet ? 

Jeudi 26 mars dernier, la conférence TEDx Casablanca 2015 a relevé ce défi avec brio et a été le premier événement « zéro déchet » au Maroc !

Pour y parvenir, Zero Zbel Xperience et les organisateurs du TEDx Casa ont procédé en 3 étapes :

1/ Zero Zbel Xperience a fourni un « cahier des charges » contenant les lignes directrices à suivre pour organiser un événement Zéro Déchet ;

2/ L’équipe TEDx Casa a organisé l’événement de manière autonome ;

3/ Zero Zbel Xperience a analysé la qualité de l’événement selon une grille d’évaluation précise afin de déterminer si TEDx Casablanca 2015 mérite ou non le « Label Zéro Zbel ».

Au terme de ce processus TEDx Casablanca 2015 a obtenu un score de 91%, et se voit donc décerner le « LABEL ZÉRO ZBEL » de catégorie GOLD.

Un GRAND BRAVO à toute l’équipe TEDx Casablanca et à l’agence Déclic’ ! 

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Que contiennent les lignes directrices Zéro Déchet et comment ont-elles été appliquées au TEDx Casablanca ?

Les lignes directrices de départ donnent des indications pour éviter la production de déchets dans les domaines suivants :

  • Les services de restauration offerts aux participants (repas, boissons…),
  • Les supports de communication produits,
  • Le mobilier et la déco utilisés,
  • Les consommables utilisés et les goodies distribués,
  • Les modes de gestion des déchets,
  • La sensibilisation des participants etc…

Les organisateurs et l’agence Déclic’ (prestataire en charge de la communication et de l’organisation événementielle) ont fait preuve d’innovation et d’inventivité pour appliquer la démarche Zéro Déchet.

A Titre d’exemple, voici les principales mesures mises en œuvre :

  • Aucun support papier n’a été imprimé, et une application mobile a été développée pour que les participants aient accès au programme etc… ;
  • Aucune affiche ni roll-up n’a été utilisé pendant l’événement : tout l’affichage a été joliment réalisé sur des tableaux effaçables et réutilisables ;
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Affiches réalisées sur des tableaux effaçables et réutilisables

  •  Les participants n’avaient pas besoin d’imprimer leurs tickets d’entrée. Il suffisait simplement de s’enregistrer à l’entrée avec le code d’achat ;
  • Les repas servis aux participants ont été servi sans utiliser de plastique (ni plats, ni couverts, ni gobelets…) : ils ont été servis dans des plateaux en osier réutilisables avec seulement une feuille de papier dans le fond. De plus, les plateaux contenaient des portions collectives à partager entre 4 personnes, ce qui a encouragé l’échange et le networking entre les participants pendant le repas ;
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Panier repas pour 4 personnes : zéro plastique !

  •  Aucune bouteille d’eau en plastique n’a été distribuée, et des fontaines à eau ont été mises à la disposition des participants avec des gobelets réutilisables (en plastique épais et résistant) ;
  • Tout le mobilier était aussi pensé de manière à être réutilisable, ou était déjà récupéré d’anciens événements (c’est le cas par exemple pour le logo « TEDx » qui décorait la scène de la conférence) ;
  • Etc.

Toutes ces mesures ont très bien fonctionné, mais bien sûr tout n’était pas parfait. Les badges distribués aux participants étaient réutilisables pour la prochaine édition du TEDx Casa, mais ils n’ont pas tous été récupérés à la fin de l’événement (seuls 67% ont été récupérés). Ou encore, certains sponsors n’ont pas complètement adhéré à la démarche Zéro Déchet et ont distribué quelques goodies avec beaucoup d’emballage plastique.

Récupération des badges à la fin de l événement

Récupération des badges à la fin de l événement

Par ailleurs, Zero Zbel Xperience a bien vérifié que tout ce qui est réutilisable a bien été récupéré et conservé pour un prochain événement. Aussi, le peu de déchets générés (papier, carton…) ont été remis à un collecteur spécialisé pour être recyclés.

TEDx Casablanca 2015 a été une expérience pilote réussie, et j’espère que sa démarche environnementale servira d’exemple pour d’autres événements futurs.

Tata Milouda

Tata Milouda aussi a adopté un style « green » 😉

n.b : Vu que je faisais personnellement partie de l’équipe TEDx Casablanca, certains pourraient se dire que je suis juge et partie dans ce processus de labellisation. Pour lever le doute, sachez que je me suis limité à mon rôle de coach de speaker et que j’ai pris soin de ne pas m’impliquer dans l’organisation événementielle pour respecter la démarche décrite au début de l’article. Aussi toute ma contribution est à 100% bénévole et gratuite.

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Zero Zbel Xperience : Le résultat final !

En ce 1er janvier 2014, mon défi Zero Zbel Xperience touche à sa fin !

Au mois d’août, j’ai produit 15 Kg de déchets. Depuis, j’ai exploré de multiples moyens pour réduire mon impact au quotidien et tenter d’atteindre l’objectif « Zero Zbel«  à la fin de l’année 2013.

Comme prévu, j’ai re-pesé mes déchets pendant le mois de décembre pour faire mon diagnostic final et savoir si l’expérience porte ses fruits …

Plutôt que de vous écrire un roman fleuve sur les résultats obtenus, j’ai préféré vous les livrer autrement :

… En espérant que tout cela vous inspire un peu au quotidien 😉

Plastique, Bio-plastique, Plastique biodégradable… Appelons un chat, un chat !

Comme vous pouvez l’imaginer, il m’arrive souvent de débattre de sujets liés à l’écologie, l’environnement… et bien souvent, quand on aborde la question des sacs plastiques, on me répond « Oui mais si j’utilise un sac plastique biodégradable, y’a pas de problème ! »…

Eh bien non… Y’a encore un problème. Plusieurs problèmes même 🙂

Commençons par nous mettre d’accord sur certaines définitions

Définition de « biodégradable » : « Substance qui peut, sous l’action d’organismes vivants (bactéries) se décomposer en éléments divers sans effet nuisible pour l’environnement. La biodégradabilité s’apprécie en prenant en compte à la fois le degré de décomposition d’une substance et le temps nécessaire pour obtenir cette décomposition. » (Définition DGCCRF, France)

Selon cette définition par exemple, un plastique biodégradable devrait donc en théorie disparaitre complètement dans la nature et ne plus laisser de traces de polymères synthétiques (matière plastique). Aussi, les règlementations de différents pays imposent que le plastique se dégrade complètement dans une période de 3 à 6 mois maximum.

Il y a 2 types de plastiques dits « biodégradables » : les « plastiques oxo-biodégradables »  et les « bioplastiques ».

Le « plastique oxo-biodégradable » (ou fragmentable) est fabriqué à base de polymères synthétiques auxquels on ajoute des additifs spéciaux (sels minéraux…) qui fragilisent le plastique et font qu’il se fragmentera plus vite.  On l’appelle donc aussi plastique « fragmentable », et les conséquences de cette fragmentation sont doubles :

–          D’une part le plastique ne se biodégrade, il se brise en micro-fragments qui se dispersent dans la nature et ne sont simplement pas visibles à l’œil nu. Ces micro-fragments pourraient se biodégrader à terme, mais uniquement sur un temps très long et dans des conditions de chaleur, d’humidité et de concentration de micro-organismes très spécifiques. Il y a donc un très fort risque de voir des micro-fragments qui polluent la nature pendant longtemps, et qui sont impossibles à collecter si l’on souhaite un jour nettoyer.

–          D’autre part, le plastique oxo-biodégradable étant fragilisé, il n’est plus recyclable ! L’action des additifs fragilisant la matière ne s’arrêtera tout simplement pas au moment du recyclage, et risque de fragiliser aussi les produits à base de plastique recyclé.

ATTENTION : En France, il est interdit d’utiliser le terme « biodégradable » pour parler des plastiques fragmentables ! La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) considère que l’usage du mot « biodégradable » pour un plastique fragmentable est une tromperie aux consommateurs. (cf Norme NF EN 13 432:2000)

 Le « bioplastique » ou « plastique compostable » est un plastique produit en partie avec une résine à base d’amidon de maïs ou à base de canne à sucre. Les produits à base de ce type de plastique portent généralement la mention « compostable ». En réalité, ce plastique n’est pas compostable dans un compost individuel car la température y est trop basse. Seul un composteur de grande taille peut servir, comme un composteur municipal ou celui d’une usine de compostage.

Au vu de ces 2 définitions, et si on compare avec les plastiques «conventionnels », on peut synthétiser comme suit les impacts environnementaux des différents plastiques au Maroc :

Impacts des sacs plastiques

En bref, vu qu’au Maroc nous n’avons ni la collecte sélective des sacs plastiques, ni les infrastructures de compostage ou de recyclage nécessaires, tous les types de plastique ont le même type d’impact : ils mettront de très nombreuses années à se dégrader et ils risquent fort de finir éparpillés à travers nos campagnes ou dans la mer.

J’ai sincèrement du mal à vous dire si le pire serait le plastique oxo-biodégradable qui se fragmente et devient invisible et impossible à collecter, ou plutôt le plastique conventionnel qui restera visible pendant quelques dizaines ou centaines d’années et qui sera dans tous les cas très difficile à collecter… Ces deux types d’impact sont affligeants, graves et à éviter !

Que dit la législation marocaine à propos des sacs plastiques ?

La production de sacs plastiques au Maroc est règlementée par la loi 22-10 du 16 juillet 2010.

Cette loi interdit la production de sacs non-dégradables et non-biodégradables :

« Il est interdit, dans les conditions fixées ci-dessous, la fabrication pour le marché local des sacs et sachets en plastique non dégradable ou non biodégradable. Est également interdit leur importation, leur détention en vue de la vente, leur mise en vente, leur vente ou distribution à titre gratuit. »

De plus, un arrêté conjoint des ministères de l’Industrie et de l’Environnement indique que « les sacs et sachets dégradables doivent être transparents ou de couleur blanche ».

Comment est appliquée cette loi ?

Tout d’abord, il faut savoir que les sacs plastiques au Maroc dont majoritairement issus d’unité de production informelle et ne respectant aucune règle. En gros seuls les sacs plastiques de certaines grandes surfaces et grands magasins sont conformes à la loi.

Concernant les sacs produits légalement et dans le respect de la loi, j’ai pu rencontrer un industriel producteur de plastique à Casablanca qui m’a expliqué comment il s’est adapté à la loi 22-10 : il a gardé la même matière première synthétique, et y a ajouté « 2 cuillères de poudre » pour que le sac plastique final devienne plus fragile et fragmentable (ou « oxo-biodégrable »)… et pour faire face à l’interdiction du plastique noir, ils ont apparemment simplement changé de colorant pour avoir des sacs blancs… No Comment ! Et ces pratiques sont légales en plus.

En clair, au lieu de protéger l’environnement, et les citoyens par la même occasion, la loi marocaine a poussé nos industriels à produire des plastiques qui vont se disperser dans la nature en milliers de petits morceaux et qui ne sont définitivement pas recyclables.

A mon avis, nos dirigeants doivent rattraper rapidement cette erreur et interdire une bonne fois pour toute la production et l’usage des sacs plastiques. Beaucoup de pays africains l’ont déjà fait avec succès : le Rwanda, la Mauritanie, le Burkina Fasso, la Côte d’Ivoire… alors pourquoi pas le Maroc ?!

Lien vers le texte de la loi 22-10 :
http://www.minenv.gov.ma/PDFs/pollution/sacenplastique.pdf
Quelques sources qui m’ont servi à écrire cet article :
http://vieenvert.telequebec.tv/sujets/578
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2834_plastiques_degradables.php
http://mobile.leconomiste.com/article/913768-sachets-en-plastique-comment-les-op-rateurs-ont-d-tourn-la-loi